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Culture & sport

La rumba congolaise, patrimoine

Comment un son de Kinshasa est devenu patrimoine de l'UNESCO

La rédaction de Président RDC
2 min de lecture
Franco Luambo et l'OK Jazz en concert au Zaïre
Franco Luambo et l'OK Jazz en concert au Zaïre. Photo : Therumbakings.com / Wikimedia Commons, Public domain

Depuis le 14 décembre 2021, la rumba congolaise est inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. La candidature avait été présentée conjointement par la République démocratique du Congo et la République du Congo, les deux pays qui se partagent cette musique née sur les rives du fleuve.

Des racines anciennes et un détour par Cuba

L'UNESCO décrit la rumba congolaise comme un genre musical et une danse, issus d'une danse ancienne appelée nkumba. Au XXe siècle, dans les villes de Léopoldville, l'actuelle Kinshasa, et de Brazzaville, les rythmes locaux rencontrent les disques de musique cubaine, le son en particulier, diffusés par la radio et les maisons de disques. Cette musique afro-cubaine, elle-même héritière des rythmes d'Afrique centrale, est réappropriée par les musiciens congolais, qui l'adaptent au lingala et à leurs guitares.

L'âge d'or : Grand Kallé, Franco et les grands orchestres

Dans les années 1950 et 1960, la rumba devient la bande-son d'une époque. Joseph Kabasele, dit Grand Kallé, et son orchestre African Jazz enregistrent en 1960 « Indépendance Cha Cha », chanson devenue l'hymne des indépendances africaines. Franco Luambo Makiadi, à la tête de l'OK Jazz fondé en 1956, impose un style de guitare et des textes qui racontent la vie sociale de Kinshasa. Tabu Ley Rochereau et l'Afrisa International portent la rumba sur les scènes internationales.

Les générations suivantes la transforment : le soukous, plus rapide, fait danser l'Afrique et les diasporas des années 1970 et 1980, avec des artistes comme Papa Wemba ; puis le ndombolo prend le relais. Tous revendiquent la rumba comme racine commune.

Ce que signifie l'inscription à l'UNESCO

L'UNESCO souligne que la rumba congolaise est présente dans les villes des deux Congo et qu'elle transmet des valeurs sociales et culturelles, en favorisant la cohésion entre les générations. On la joue dans les bars et les salles de concert, mais aussi lors des mariages, des deuils et des fêtes.

L'inscription n'est pas une simple distinction : elle engage les deux États à protéger et à transmettre cette tradition vivante, par l'enseignement de la musique, l'archivage des enregistrements et le soutien aux artistes.

Pour écouter la rumba dans son contexte, les archives sonores et les rééditions des grands orchestres sont le meilleur point de départ. La langue de la plupart de ses chansons, le lingala, est présentée dans notre article sur les langues de la RDC.

Sources

  1. UNESCO. ich.unesco.org
  2. UNESCO. unesco.org
  3. UNESCO. ich.unesco.org
  4. UNESCO. ich.unesco.org

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