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Le dialogue politique national: comment il s'organise

Quand une crise politique s'installe, l'annonce d'un dialogue national arrive presque mécaniquement. La forme est devenue un instrument classique de sortie de crise, et son bilan est inégal pour des raisons qui n'ont rien de mystérieux: tout se joue sur quatre points techniques, décidés avant la première séance.

Qui convoque, et pourquoi cela compte

Un dialogue peut être convoqué par le pouvoir en place, par une institution religieuse ou coutumière, par une organisation régionale ou internationale, ou par une coalition d'acteurs politiques. L'identité du convocateur détermine la perception de neutralité, et cette perception détermine qui accepte de venir.

C'est la raison pour laquelle une médiation extérieure est souvent demandée: non parce que les acteurs locaux manqueraient de compétence, mais parce qu'un tiers sans intérêt direct rend l'assemblée acceptable pour tout le monde.

La composition, là où se décide l'issue

Les critères de participation sont l'objet des négociations les plus dures, et à juste titre. Un dialogue limité aux partis représentés dans les institutions reproduit le rapport de forces existant. Un dialogue ouvert aux organisations de la société civile, aux confessions religieuses, aux syndicats, aux organisations de jeunesse et de femmes et aux représentants des provinces élargit la légitimité et complique la conduite des débats.

Trois questions permettent de juger une composition annoncée: qui manque, qui parle au nom de qui, et comment les sièges ont été répartis.

Le mandat et les règles

Un dialogue utile dit à l'avance ce sur quoi il peut décider: réforme électorale, gouvernance des institutions, calendrier, justice transitionnelle, sécurité. Un mandat vague produit des conclusions vagues.

Les règles de décision comptent autant: consensus ou vote, publicité ou huis clos, comptes rendus publiés ou non. Un dialogue dont les séances ne laissent aucune trace écrite ne peut pas être invoqué plus tard par ceux qui s'y sont engagés.

Ce que vaut un accord

Un accord politique n'est pas une norme juridique. Il devient contraignant lorsqu'il est transposé: loi votée, nomination effectuée, budget inscrit, texte constitutionnel modifié selon la procédure prévue. Tant que cette transposition n'a pas eu lieu, l'accord reste une intention, et les signataires le savent.

D'où le seul critère fiable pour évaluer un dialogue: la liste de ses engagements, chacun avec une échéance, un responsable et un acte vérifiable qui prouve qu'il a été tenu.

Comment un citoyen peut suivre

En conservant les documents: texte de l'accord, liste des participants, comptes rendus, rapports du comité de suivi s'il existe. Ces pièces circulent au moment de la signature et deviennent introuvables ensuite, ce qui arrange ceux qui préfèrent que l'on oublie les échéances.

Relire cette liste un an plus tard, puis publier ce qui a été fait et ce qui ne l'a pas été, est le travail le plus utile que la presse et les associations puissent accomplir sur un processus de ce type. C'est aussi celui qui manque le plus souvent, et c'est pourquoi le dialogue suivant recommence au même point.